En attendant la session du printemps, le Parlement est en vacance. Cela a toujours été le cas. Sauf qu'à la deuxième chambre, les choses sont en train de changer, dans le bon sens bien évidemment, puisque son bureau continue de se réunir. Et ses membres qui se sont retrouvés hier matin pour une rencontre organisationnelle ont du pain sur la planche, tellement les chantiers de réforme sont légion.
Depuis que Mohamed Cheikh Biadillah détient les manettes, disons-le, la Chambre des conseillers connaît une réelle dynamique. D'un point de vue législatif, plusieurs amendements concernant le règlement interne sont aujourd'hui entre les mains de la commission de la justice. Une fois adopté, le texte devra chambouler la gestion des structures de l'institution législative tout autant que son action. Il s'agit, entre autres, de faire en sorte qu'il n'y ait plus ou moins de doublons en matière de questions orales entre les deux Chambres. Parmi les points relevés figure la nécessaire réorganisation des points d'ordre qui permettent aux parlementaires de prendre la parole en séance plénière.
Plusieurs autres nouveautés sont dans le pipe, comme ce projet de nouvel organigramme pour les fonctionnaires qui sera soumis au bureau de le même Chambre. Ces derniers bénéficieront en plus d'une formation grâce à un accord signé récemment avec l'Ecole nationale de l'administration (ENA) en présence du ministre de la Communication Khalid Naciri, directeur de l'Ecole. Tout le monde reconnaît qu'il s'agit là d'un point nodal que les différents bureaux ont souvent ignoré et qui n'impacte pas moins l'efficacité et le rendement des fonctionnaires.
Les statuts ne sont pas en reste. Une commission de réforme dédiée s'y penche pour présenter une formule optimale. Il s'agit principalement de creuser les moyens de lutter contre l'absentéisme des parlementaires, phénomène décrié mais qui a la peau dure. La réflexion s'achemine, désormais, vers l'implication des gro upes parlementaires qui devront mieux gérer leurs membres et imaginer les moyens de les rendre plus respectueux des plannings.
En tout cas, certains groupes ont montré leur disposition à lutter contre le «Parlement buissonnier». Celui du PAM réfléchit sur une formule qui combine le bâton et la carotte. Ainsi, les absents risquent de voir leurs paies charcutées, tandis que les plus appliqués peuvent bénéficier gratuitement des hôtels, de la restauration et du transport. Certaines voix rigoristes avaient même proposé que les noms des absents récidivistes soient publiés dans le BO.
Enfin, tout le monde s'accorde aujourd'hui à prôner l'option d'une deuxième chambre qui se penche sur des questions sectorielles traitant de sujet bien précis. Au-delà de ces considérations techniques et propres à chaque chambre, la coordination ne peut plus être considérée comme un luxe. Car le bicaméralisme, étant une option bien installée dans les murs, implique la création de nou veaux mécanismes d'action politique, diplomatique, administrative et organisationnelle.
source: Le Matin
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